De l'obscurité à la lumière
 
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 Une femme à la belle apparence...

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algeroimuslim



Masculin Nombre de messages : 48
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Date d'inscription : 17/12/2008

MessageSujet: Une femme à la belle apparence...   Dim 1 Mar - 15:29

Par un après-midi, un homme se promenait dans le marchait, et alors que le muezzin commençait l'appel à la prière, son regard se posa sur le dos d'une femme. Bien que vêtue d'un noir excessif, elle était étrangement attirante, un voile recouvrait sa tête et son visage, et elle se tournait maintenant vers lui comme si d'une certaine façon elle était consciente de son regard intensément prolongé. Elle lui indiqua d'un signe léger mais significatif son assentiment avant de tourner dans la ruelle des vendeurs de soie.

Comme foudroyé par un éclair, l'homme fut irrémédiablement attiré, son coeur désormais prisonnier de ce regard, pour toujours. En vain, il lutta, en offrant à son coeur de multiples raisons saines de passer son chemin n'était-ce pas l'heure de la prière ? Mais c'était fini : il n'y avait rien d'autre à faire que de se laisser entraîner.

Il pressait le pas dans sa direction, tournant vers le marché de la soie, tout haletant de l'effort qu'il devait fournir pour la rattraper. Elle l'avait inopinément distance et s'attardait maintenant pour un moment à l'extrémité du marché, à plusieurs magasins de distance.

Elle se tourna vers lui, et il crut apercevoir la lueur d'un malicieux sourire transpercer la mousseline noire de son voile, comme si une fois de plus était-ce son imagination ? Elle lui faisait un signe.

Le pauvre homme ne savait plus quoi penser.

Qui était-elle ? La fille d'une famille aisée ?

Que voulait-elle ? Il pressait à nouveau le pas, tournant et s'engageant dans la ruelle elle avait disparu. Ainsi elle le menait,toujours hors de porte, toujours cruellement en tête, à présent à travers le marché d'armes, puis les marchands d'huile, puis les vendeurs de cuirs ; s'éloignant toujours davantage du point ils avaient commencé

Le sentiment qui l'animait, plutôt que de s'estomper, s'accentuait : était-elle folle ? Inlassablement elle menait, jusqu'aux frontières de la ville.

Le soleil se déclina et se coucha, et ainsi se présentait-elle, là, devant lui, comme toujours.

Ils avaient à présent parcouru toutes les places de la ville pour se retrouver près de la Cité des Tombeaux.

S'il avait eu toute sa raison, il aurait été effrayé, mais en fait, à ce moment précis, il réfléchissait, sur les endroits étranges aperçus au cours de son périple amoureux.

Il n'y avait plus guère que vingt coudes entre eux, lorsqu'il aperçut le regard qu'elle jeta en arrière, et comme pour commencer, elle s'engagea dans des escaliers en s'engouffrant par la grande porte en bronze de ce qui semblait être un très vieux sculpture. L'espace de quelques secondes aurait pu laisser transparaître une hésitation, mais en l'état présent des choses il n'y avait plus de point de retour, il descendit les escaliers, en se faufilant derrière elle.

A l'intérieur, alors que ses yeux commençaient à distinguer les formes, il aperçut deux voles d'escaliers qui menaient à une seconde
porte. Jaillissait une lumière, et qu'il traversa également. Il se retrouva dans une grande pièce, insoupçonné du monde extérieur, éclairée par des chandelles accrochées aux murs. A 'opposé de la porte sur un lit de somptueuses étoffes, la femme toujours voilé pris place dans son vêtement entièrement noir, en satin adossant sur un oreiller contre le mur du fond. A droite du lit, l'homme remarqua un puit à même le sol.

« Verrouille la porte derrière toi », dit-elle tout bas, d'une voix rauque qui semblait davantage être un murmure, « et prend la clef ».
Il fit comme elle dit. Elle désigna négligemment le puits. « Jette-la l'intérieur »
Un éclair de lucidité sembla pénétrer l'espace d'un moment les nuages brumeux de sa compréhension, et un spectateur, s'il y en avait eu un, aurait décelé la plus légère des hésitations.

« Vas-y », dit-elle en riant, « tu n'as pas hésité manquer la prière trop occupé que tu étais à me suivre jusqu'ici, n'est-ce pO?»


Il ne dit mot. « Le temps pour la prière du coucher du soleil s'est presque achevé aussi»,
dit-elle d'un ton légèrement moqueur. « Pourquoi t'inquiéter ? Allons donc, celle-la. Tu veux me satisfaire, n'est-ce pas ?»

Il attendit son bras au-dessus de l'ouverture du puits, et regarda la clef tomber. Un sentiment troublant remonta du creux de son ventre alors que le temps s'écoulait et qu'aucun bruit ne jaillissait du puits. Il sentit émerveillement, puis horreur, puis compréhension.

« Il est temps de me voir » dit-elle, et elle souleva son voile qui laissa apparaître non pas le visage d'une jeune et pétillante femme, mais celui d'une vieille femme hideuse, ne reflétant que noirceur et vice, pas la moindre particule de lumière ne se dégageant de ses traits vieillis.

« Regarde-moi bien » dit-elle. « Mon nom est Dounya
, ce bas monde. Je suis ta bien-aimée.

Tu as passé ton temps à courir après moi, et
maintenant tu m'as rattrapé dans ta tombe. Bienvenu, bienvenu.»

A ces mots elle rit et rit encore, jusqu'à ce que les secousses de son rire laissent place à un monticule de poussières fines aux ombres changeantes, les chandelles s'éclipsant les unes après les autres, laissant place à l'obscurité.

Dounia = la vie terrestre
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